Les tuileries Romain Boyer

Etienne Boyer (1857-1926), industriel marseillais à la tête de la Société des ciments et chaux Romain Boyer, s'intéresse à l'industrie tuilière alors en plein essor. Ses investigations le mènent en 1898 dans la commune de Six-Fours. Divers sondages réalisés évaluent la superficie des argiles exploitables à environ 40 ha, sur une épaisseur d'au moins 10 mètres, ce qui représente une quantité de 4 millions de m3 de terre argileuse. Les analyses révèlent que l'argile prélevée est d'excellente qualité et parfaitement apte à la fabrication de tous les produits céramiques. De plus, ce gisement d'argile considérable se trouve à proximité de l'anse de la Coudoulière qui peut être aménagée en port. C'est dans ce quartier de Six-Fours que Etienne Boyer décide d'établir un centre de production de terres cuites.

A gauche de l'usine principale où sont fabriquées tuiles et briques, se trouve l' ancienne briqueterie datant de la fin du XIX° siècle, dont on aperçoit la cheminée (archives "les amis du vieux Toulon")  Le ponton-mâture met en place des blocs maçonnés constituant le mur du quai. A l'arrière-plan, la jetée en enrochement est en cours de construction (collection M. Montolivo).

Afin de financer cet ambitieux projet, il fonde la Société des Tuileries Romain Boyer le 28 mai 1900, sous la forme anonyme au capital de 3 millions de francs. Sitôt formée, la société se rend acquéreur de terrains et immeubles d'une superficie de 45 ha et entreprend la construction de l'usine ainsi que l'aménagement du port de la Coudoulière. Cette usine, d'une superficie de 4.000 m2, est édifiée en 1901 à proximité de la mer et des terrains où est extraite la matière première : elle abrite sur 3 niveaux le cycle complet de la fabrication des tuiles et des briques. Le port est achevé en 1903 et permet l'accès des navires de moyens tonnages prévus pour le transport des matériaux. Un terre plein gagné sur la mer, large de 40 mètres, est aménagé devant la façade de l'usine pour le chargement des bateaux. A la surface occupée par les installations industrielles et portuaires, il faut ajouter les bâtiments d'habitation construits par les établissements Romain Boyer pour héberger les ouvriers de l'usine et leurs familles.

Merci à SIX-FOURS Magazine (N° 69) où ont été puisés les textes et photographies figurant sur cette page.

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