Histoire de la Coudoulière

Situé en bord de mer, entre le cap Nègre et le Rayolet, le quartier de la Coudoulière tire son nom du provençal coudouliero, qui désigne une plage de galets. Au gré du temps, la toponymie du lieu a subi des altérations fréquemment rencontrées dans les actes anciens, telles que : Coudoullière, Codolliere, Coudilliere et Coudourière jusque dans les années 1950. Ce quartier constitue une plaine dominant le rivage, vers lequel plonge rapidement une courte falaise. Reliée aux autres hameaux de Six-Fours par un chemin aboutissant à la mer, la Coudoulière est aussi traversée d'est en ouest par un ruisseau ou vallat. Au XVIII° et XIX° siècles, le paysage de la Coudoulière est essentiellement composé de vignes, de pâtures et de bois. L'activité viticole y est assurément très active, puisqu'en 1642 la construction d'un môle est demandée pour le transport du vin par la voie maritime.

D' une superficie de 15 ha, l' espace de la Coudoulière est essentiellement viticole et pastoral.  Les tuileries sont regroupées dans le secteur littoral où l' argile affleure. Les parcelles appartenant aux 4 familles de tuiliers représentent 48% du quartier de la Coudoulière.
Géographie et tuileries de la Coudoulière (cadastre de 1829, archives comunales de Six-Fours)

Le sous-sol de la Coudoulière renferme un important gisement d'argile, de très bonne qualité et propice à l'activité de la terre cuite. La proximité de bois (source de combustible) et l'existence d'une nappe phréatique abondante ne pouvaient que favoriser l'implantation d'une activité de tuilerie- briqueterie. La présence de tuiliers à la Coudoulière est attestée au moins depuis le début du XVIII° siècle . En 1729, Louis Gueit est mentionné dans le cadastre comme teullier. Les parcelles que possèdent ses héritiers occupent une vaste superficie (plus de 3 ha) en bord de mer, où l'argile affleure la surface du sol. Trois générations et près de 70 ans plus tard, l'art de la tuile est toujours exercé par Joseph Gueit. L'artisanat de la tuile se perpétue aussi grâce aux unions matrimoniales. La famille Gueit s'allie en 1722 à la famille Coupiny, originaire de la Seyne. Après son installation à la Coudoulière, la famille Coupiny en devient le principal propriétaire foncier (26% du terroir en 1829) jusqu'au tournant du XX° siècle.

Durant tout le XIX° siècle, l'activité de tuilerie-briqueterie à Six-Fours est monopolisée par les quatre unités implantées à la Coudoulière. En 1812, ces fabriques artisanales occupent 14 saisonniers travaillant 90 jours par an, qui exploitent 6.000 quintaux de terre argileuse. En 1848, les tuileries de l'arrondissement de Toulon sont au nombre de 63, sur les 198 en activité dans le Var. Comme à la Coudoulière, ces fabriques sont de type artisanal et emploient en tout 600 ouvriers selon un rythme saisonnier. A l'avènement du XX° siècle, il y a 3 fabriques à la Coudoulière, exploitées par Toussaint Coupiny, Clairin Decugis et François Delaneau.

Merci à SIX-FOURS Magazine (N° 68) où ont été puisés les textes et photographies figurant sur cette page.